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Fraizochocolat
Mettons un vrai titre : Les Enfants Machines : scène 3 
16th-Sep-2007 06:42 pm
Voilà, après la partie d'hier finie ce matin, voici la partie d'aujourd'hui, et donc je suis à jour !

Scène 1
Scène 2


_ Tu aurais pu être un peu plus sympathique quand même...
Johnny et Tomy étaient assis à l’arrière d’un taxi de classe A, se dirigeant vers la résidence Oxiel, siège des Stevens en Zone 5. Quelques vingt minutes auparavant, ils avaient confié Rose à la matronne qui allait s’occuper d’elle toute l’année. Et comme Victor avait décidé de dîner avec les frères Villocci, ils se retrouvaient seuls.
Le silence n’avait pas été spécialement tendu. Tomy, même s’il ne voyait pas Johnny très souvent, comprenait le comportement de son cousin. Il n’avait aucune justification à demander.
Cela ne l’empêchait pas de trouver le comportement de Johnny très discutable.
_ Pourquoi j’aurai du être sympathique avec un mec pareil ?
Johnny ne détourna pas la tête de la vitre. De là, il pouvait voir, à travers la nuit illuminée aux néons de la Zone 5, les étages supérieurs des immeubles qu’ils dépassaient. Ils étaient sur une voix express, tout allait trop vite pour qu’il puisse réellement apprécier la vue.
D’un mouvement, il se pencha vers le chauffeur.
_ Descendez un peu. On sortira au Klax.
Tomy le regarda avec surprise.
_ Qu’est-ce que tu fais ? On est censé arriver à Oxiel dans dix minutes. Si on n’est pas là à l’heure...
_ D’un, je suis le maître ici, ils n’ont rien à me dire. De deux, on va passer six mois enfermés à Ophir, alors il est hors de question que je passe ma chance de sortir un peu.
_ Mais Victor...
Le regard de Johnny suffit à le faire taire. L’animosité entre Johnny et Victor était proverbiale, surtout depuis que Johnny avait pu se débarrasser, plus ou moins, de l’autorité de son père en entrant à l’armée. Cette punition infligée par le patriarche avait été, paradoxalement, une sorte de libération pour le jeune adolescent. Aucun officier sous lequel il avait servi ne lui avait renvoyé à la figure son statut d’héritier et ses défaillances sous-entendues. Johnny s’était enfin senti normal. Bien sûr il ne l’avouerait jamais, mais Tomy le comprenait.
Ceci dit, avoir à marcher dans les rues de la Zone 5, après des heures de vol et une journée sans fin, alors qu’il aurait pu profiter d’un repas confortable et d’une bonne nuit de repos avant l’entrée à l’Académie, ne lui plaisait pas particulièrement.
Johnny était déjà en train d’enfiler des mitaines de cuir, celles qu’il utilisait à chaque fois qu’il voulait passer incognito. Tomy soupçonnait qu’il utilisait ce genre d’accessoires aussi pour effacer des stigmates dont il ne voulait pas. Il valait mieux qu’il reste avec lui, juste au cas où. Johnny était une tête brûlée, il valait mieux que quelqu’un soit là pour le tempérer.
Le taxi se posa en face d’un centre commercial. Johnny lui donna les indications pour déposer leurs affaires à Oxiel avant de le faire repartir. Tomy regrettait déjà le confort du transporteur. A l’extérieur, il tombait une fine bruine, qu’il soupçonnait d’être faite de pollution plus que de véritable eau.
_ C’est Gareth qui est chef de rang à Oxiel, non ? demanda-t-il en suivant à contrecoeur Johnny sur le trottoir.
_ Il me semble. Pourquoi ?
_ Parce qu’il prépare une excellente soupe au poisson, et que je suis certain que c’est ce qui est en train de refroidir là-bas.
_ Je n’aime pas la soupe au poisson.
Tomy soupira : _ Oui, et c’est vrai que tout tourne autour de toi.
Johnny s’arrêta aussitôt, mais Tomy lui répondit avec un sourire.
_ Enfin, au moins j’aurai au moins eu l’immense privilège de découvrir les poubelles de la Zone 5 ! Quelle magnifique expérience...
Ils n’avaient aucune chance de se perdre. L’ordinateur directionnel qu’ils portaient tous deux aux poignets les en empêcherait. Et ils n’étaient pas dans le quartier le plus populaire de la Zone 5. Mais même dans ces conditions leur sortie clandestine lui semblait vraiment aventurière. Johnny de son côté ne détonnait pas dans cet environnement cosmopolite. Même s’il restait mieux habillé que la plupart.
Alors que son cousin l’entraînait le long du trottoir, s’arrêtant de temps en temps devant une devanture de restaurant avant de repartir, Tomy s’interrogeait. Ce n’était pas lui qui avait désiré entrer à l’Académie. Si on lui avait demandé son avis, il serait resté dans la congrégation Paxi qu’il avait choisi cinq ans auparavant. D’ailleurs, le général Stevens avait appuyé en ce sens.
Il avait fallu toute la conviction de Victor pour l’inscrire. Tomy, malgré son statut religieux, restait l’hériter des mines de KS6 depuis la mort de son frère. Après la révolte qui avait secoué la colonie, les mines avaient été confiées à un oncle, sans que jamais l’autorité de Tomy, alors âgé de quatre ans, ne soit remise en cause. Il était assez clair que le général Stevens souhaitait pouvoir régir KS6 à travers d’un neveu pacifiste et entièrement retiré de la politique.
Mais Victor voulait que son cousin pense par lui-même et soit totalement autonome. Tomy ne s’intéressait vraiment pas aux affaires familiales. Tout ce qui comptait pour lui, c’était que sa soeur soit en sécurité, et c’était tout. Son absence d’objectif politique lui permettait de voir à quel point il n’était qu’un instrument dans les mains du général et de Victor.
C’était différent pour Johnny, mais pas tant que ça. Johnny ne se laissait pas faire. Le général voulait un héritier puissant, mais il détestait son fils. Victor voulait un allié puissant mais était beaucoup trop direct dans ses manoeuvres. Avec quelqu’un du caractère de Johnny, les deux hommes n’étaient arrivés qu’à un résultat désastreux : Johnny les haïssait tous les deux.
De temps en temps Tomy se demandait si Johnny n’allait pas simplement quitter le clan pour fonder le sien propre. Cela aurait en accord avec le caractère entier du jeune homme.
Perdu dans ses pensées, l’adolescent ne regardait plus vraiment où il allait.
_ Fais attention où tu vas, toi !
L’homme dans lequel il venait de buter l’écarta violemment de son chemin. Avant même que Tomy ait pu faire la moindre excuse, il se retrouva à terre, entouré de trois gaillards visiblement peu enclin à prendre son statut de Paxi en considération.
Jusqu’à ce que l’un deux, un grand baraqué dont les longs cheveux noirs cachaient une partie du visage, celui-là même qui venait de bousculer Tomy, se retrouve avec la pointe d’un poignard sous la gorge.
_ On attend les excuses avant de recourir à la violence.
L’hypothèse selon laquelle Johnny puisse rompre ses liens familiaux et renoncer à son statut ne faisait finalement pas vraiment le poids face à l’énergie qu’il mettait à défendre tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à un membre de sa famille. Tomy se dit que c’était peut-être pour cela que ni Victor ni le général ne l’avaient jamais prise en considération.
_ C’est bon, Johnny, arrête...
Tout ce que Tomy aurait pu ajouter de plus n’intéressait personne. Bien que plus petit d’une tête par rapport à l’inconnu, Johnny ne semblait pas vraiment prêt à ranger son arme, dont Dieu seul savait pourquoi et comment elle se trouvait en sa possession.
L’inconnu ne semblait cependant pas vraiment impressionné. Il souriait même à Johnny, et, d’un geste aussi rapide qu’efficace, il se débarrassa et de Johnny, et du couteau, les faisant tous deux tomber à ses pieds.
_ Rigole pas avec moi, gamin.
Il était prêt à foncer sur Johnny pour le tabasser, mais un de ses camarades l’en empêcha aussitôt, le retenant par le bras.
_ Arrête, Swynnie. Faut que tu te tiennes à carreau... pour demain.
Ledit Swynnie se dégagea, mais se contenta de regarder Johnny de haut. Puis il cracha par terre.
_ Comme si j’allais m’amuser à cogner sur des gosses... Remarque que ça arrangerait bien ce connard de Glayve de me virer de l’Académie avant même la rentrée.
_ Ca arrangerait aussi Franck, fit un autre.
Remarque incompréhensible pour Tomy, mais qui valut à son auteur de se prendre une droite en plein visage.
_ On parle pas des affaires de famille comme ça, fit Swynnie en se justifiant.
Johnny s’était relevé et regardait Swynnie avec une certaine curiosité. Lui, personne ne lui avait interdit de se battre. Et Tomy sentait qu’il était prêt à en découdre. Devançant toute catastrophe, Tomy se leva, ramassa le poignard en prenant bien garde de ne pas le toucher directement avec les mains, et s’interposa.
Il était inutile de présenter des excuses en bonne et due forme, telles que le lui avait appris son ordre, car elles ne signifieraient rien pour ces gens-là. Tomy se contenta donc d’être le plus simple possible.
_ Veuillez m’excuser pour mon inattention. Nous ne voudrions pas rester en mauvais termes avec des camarades de l’Académie.
Swynnie le regarda, comme étonnée qu’il fut là. Johnny ne disait rien ; Tomy en profita pour continuer en souriant : _ Vous êtes bien élève à l’Académie d’Etudes Politiques d’Ophir, n’est-ce pas ?
Au lieu de répondre, Swynnie croisa les bras et le toisa lentement.
_ Vous êtes de quel clan ? demanda-t-il après un silence.
Tomy savait que Johnny allait lui en vouloir.
_ Rose Noire.
Il crut que Swynnie allait s’étouffer. D’ailleurs il se retint très fort de ne pas éclater de rire. Sans plus de commentaires, il se détourna et reprit son chemin.
_ Chouette ! Ca faisait longtemps que j’avais pas bouffé un larbin de Vicky !
Il ne se retourna pas pour voir Johnny lui faire un doigt d’honneur.
_ Vicky ? fit Tomy une fois qu’ils furent seuls.
_ Ca doit être Victor.
Johnny lui reprit le poignard des mains et l’éteignit.
_ C’était quoi ça ? demanda Tomy.
_ Un jouet.
Johnny joua avec le déclencheur, faisant apparaître et disparaître la lame.
_ C’est un cadeau d’un de mes officiers à l’armée. Moins dangereux qu’un vrai, mais la lame peut quand même faire mal... Ce connard savait que c’était pas un vrai… Il m’a traité de larbin, je vais lui apprendre qui je suis.
Il avait un léger sourire en disant cela.
Tomy soupira. L’année allait être longue.


Note : changement de point de vue. Je reviens sur Victor demain. Ensuite, il faudra décider si c'était un bon choix...


Question du jour : La difficulté ici a été d'introduire deux personnages et leurs situations particulières. Mais entre en dire un peu et trop en dire, au risque de submerger le lecteur, c'est compliqué. donc.... j'attends vos réactions pour retravailler ça ^^
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